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Le plus ancien quasar de l’Univers : mille milliards de Soleils

Le télescope spatial Euclid de l’ESA a découvert le plus ancien quasar connu, observé seulement 670 millions d’années après le Big Bang.

Euclid - Caltech (euclid.caltech.edu)

Résumé rapide : Le télescope spatial Euclid de l’Agence spatiale européenne a découvert 31 nouveaux quasars dans l’Univers primordial. Le plus remarquable d’entre eux est devenu le quasar le plus lointain et le plus ancien jamais observé, brillant seulement 670 millions d’années après le Big Bang avec une luminosité équivalente à environ mille milliards de Soleils.

Pourquoi le plus ancien quasar de l’Univers suscite-t-il autant d’enthousiasme ?

Lorsque nous regardons le ciel, nous observons en réalité le passé. Comme la lumière met du temps à nous parvenir, les objets très éloignés portent également la trace d’époques extrêmement anciennes. La nouvelle découverte réalisée grâce au télescope spatial Euclid de l’Agence spatiale européenne en est une illustration spectaculaire.

Les chercheurs ont identifié 31 nouveaux quasars dans l’Univers primordial. Parmi eux, un objet se distingue particulièrement. Il est en effet devenu le quasar le plus ancien et le plus lointain jamais observé.

Cet objet brillait seulement 670 millions d’années après le Big Bang. À l’échelle cosmique, cela correspond à une période où l’Univers était encore dans sa toute petite enfance.

La puissance lumineuse émise par ce quasar est tout simplement vertigineuse. Selon les calculs des scientifiques, sa luminosité équivaut à celle d’environ mille milliards de Soleils réunis.

quasar lointain découvert dans l’Univers primordial
L’un des candidats quasars lointains identifiés par Euclid.

Qu’est-ce qu’un quasar exactement ?

Les quasars comptent parmi les objets les plus lumineux de l’Univers. Leur énergie ne provient pas des étoiles, mais de trous noirs supermassifs.

Lorsqu’un trou noir situé au centre d’une galaxie engloutit le gaz et la poussière qui l’entourent, la matière forme autour de lui un disque en rotation appelé disque d’accrétion. En tournant à des vitesses extrêmes, cette matière s’échauffe et libère une quantité phénoménale d’énergie.

Le point fascinant est le suivant : le trou noir lui-même n’émet aucune lumière. En revanche, la matière qui l’alimente devient si brillante qu’elle peut parfois produire davantage de lumière que l’ensemble des étoiles de sa galaxie hôte.

C’est pourquoi les quasars peuvent être détectés à des milliards d’années-lumière de distance. Pour les astronomes, ils agissent comme de véritables balises naturelles permettant d’étudier l’Univers primordial.

« Les quasars anciens sont des découvertes rares. Ils sont fascinants en eux-mêmes, mais ce sont aussi des machines à remonter le temps qui nous permettent d’explorer l’Univers primitif et de comprendre comment la première génération de galaxies est apparue. » — Valeria Pettorino, scientifique du projet Euclid à l’ESA

Que nous apprend cette découverte sur l’époque de la réionisation ?

Les nouveaux quasars découverts proviennent d’une période cruciale de l’histoire cosmique appelée l’époque de la réionisation. Cette phase a commencé environ 680 millions d’années après le Big Bang et s’est poursuivie jusqu’à environ 1,1 milliard d’années après celui-ci.

Aux débuts de l’Univers, les électrons et les protons libres diffusaient constamment la lumière. L’espace n’était donc pas aussi transparent qu’aujourd’hui. Les astronomes qualifient parfois cette période d’âges sombres cosmiques.

Par la suite, les premières étoiles, galaxies et trous noirs actifs ont commencé à apparaître. Leur rayonnement très énergétique a transformé le gaz environnant et permis aux photons de circuler plus librement à travers l’Univers.

L’époque de la réionisation correspond précisément à cette grande transition. Les 31 nouveaux quasars fournissent aux chercheurs des données précieuses pour mieux comprendre les détails de ce processus.

Cette découverte renforce également l’hypothèse selon laquelle les trous noirs de l’Univers primordial auraient pu croître plus rapidement que prévu. En effet, nous observons déjà des systèmes extrêmement brillants et actifs alors que l’Univers était encore très jeune.

illustration d’un trou noir supermassif et d’un quasar
Les quasars tirent leur énergie de disques de matière brûlants qui alimentent des trous noirs supermassifs.

Résumé chiffré de la découverte

J’ai rassemblé dans le tableau ci-dessous les principales données mises en avant dans cette actualité. Ces chiffres montrent clairement pourquoi cette découverte suscite un tel intérêt dans le monde de l’astronomie.

Paramètre Valeur
Nombre de nouveaux quasars découverts 31
Époque observée du plus ancien quasar 670 millions d’années après le Big Bang
Luminosité Environ 1 000 milliards de Soleils
Début de l’époque de la réionisation Environ 680 millions d’années après le Big Bang
Fin de l’époque de la réionisation Environ 1,1 milliard d’années après le Big Bang
Instrument d’observation Télescope spatial Euclid de l’ESA

Pourquoi le télescope spatial Euclid se distingue-t-il pour ce type de découvertes ?

Comme beaucoup le savent, la mission Euclid a été conçue principalement pour étudier la matière noire et l’énergie noire. Cependant, sa capacité à cartographier de vastes régions du ciel avec une grande précision ouvre aussi la voie à des découvertes inattendues.

En examinant systématiquement une large partie du ciel, Euclid est devenu un outil puissant pour identifier des galaxies et des quasars extrêmement lointains. Les astronomes peuvent ainsi repérer des objets rares au sein d’immenses ensembles de données plutôt que de sélectionner leurs cibles une par une.

Le télescope spatial James Webb a souvent fait la une ces dernières années grâce à ses recherches sur l’Univers primordial. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez également consulter notre article sur le quatrième anniversaire de James Webb célébré avec une image de Centaurus A.

Euclid et James Webb sont en réalité des instruments complémentaires. Tandis qu’Euclid repère des cibles prometteuses sur de vastes zones du ciel, James Webb peut en étudier les détails avec précision.

C’est d’ailleurs une tendance de plus en plus marquée en astronomie : différents observatoires travaillent ensemble pour obtenir des résultats qu’un seul télescope ne pourrait atteindre.

Cette découverte soulève-t-elle de nouvelles questions sur l’origine des trous noirs ?

Oui. C’est même peut-être l’aspect le plus fascinant de cette découverte.

Pour que des quasars aussi lumineux apparaissent alors que l’Univers n’avait que quelques centaines de millions d’années, les trous noirs situés en leur centre ont dû croître extrêmement rapidement. Pourtant, les mécanismes exacts de cette croissance restent encore débattus.

Selon certains modèles, de petits trous noirs formés par l’effondrement des premières étoiles auraient progressivement atteint des masses gigantesques. D’autres scénarios envisagent des noyaux initiaux beaucoup plus massifs, issus directement d’immenses nuages de gaz.

À mesure que le nombre de quasars connus augmente, il devient plus facile de tester ces différentes hypothèses. Ces 31 nouvelles découvertes représentent donc bien plus qu’un simple chiffre : elles constituent un nouveau laboratoire pour la physique de l’Univers primordial.

Par ailleurs, l’étude de l’Univers lointain progresse parfois grâce à des méthodes inattendues. Un bel exemple est la découverte d’une planète cachée révélée dans les données de TESS grâce à Einstein, qui montre à quel point les effets gravitationnels peuvent devenir des outils puissants en astronomie.

galaxies et quasars dans l’Univers primordial
Ce type de quasar éclaire la période de formation des premières galaxies.

Que nous réserve l’avenir ?

La mission Euclid n’en est encore qu’à ses débuts. À mesure que le télescope poursuit son exploration du ciel, il pourrait découvrir des quasars encore plus lointains et des galaxies datant d’époques plus reculées.

Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que ce quasar détenteur du record soit un jour dépassé par un objet encore plus ancien. Dans l’histoire de l’astronomie, ce type de record est régulièrement battu.

Il faut également rappeler que l’exploration spatiale ne se limite pas aux galaxies lointaines. Par exemple, la nouvelle étape franchie par la NASA pour l’hélicoptère martien Skyfall montre que les découvertes au sein du Système solaire progressent elles aussi à un rythme soutenu.

Ce qui retient particulièrement mon attention, c’est que plus nous étudions les premiers âges de l’Univers, plus nous découvrons de nouvelles questions plutôt que de nouvelles réponses. C’est l’un des aspects les plus passionnants de la science : chaque découverte ouvre la porte à un mystère encore plus vaste.

Questions fréquentes

Quel âge a le plus ancien quasar connu ?

Le quasar récemment découvert est observé tel qu’il était environ 670 millions d’années après le Big Bang et est actuellement considéré comme le plus ancien quasar connu.

Pourquoi les quasars sont-ils si lumineux ?

La source de leur luminosité n’est pas le trou noir lui-même, mais la matière du disque d’accrétion qui chauffe intensément et émet de la lumière avant de tomber dans le trou noir.

Quelle est la mission du télescope spatial Euclid ?

L’objectif principal d’Euclid est d’étudier la matière noire et l’énergie noire. Il permet également de révéler d’importantes cibles cosmiques telles que les galaxies et les quasars lointains.

Sources

Le regard de l’éditeur : Ce qui me frappe le plus dans ce genre d’actualité, c’est que la lumière que nous observons aujourd’hui a commencé son voyage lorsque l’Univers était encore très jeune. D’une certaine manière, les télescopes ne regardent pas seulement l’espace, ils sondent aussi les profondeurs du temps. Chaque nouveau quasar découvert complète un peu plus le puzzle de l’apparition des premières galaxies.

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